"La Chambre (Noire)"

Publié le par Coralie Berhault

La Chambre (Noire)

D’après le journal d’Alix Cléo Roubaud

Une création Athra et compagnie,

présentée lors du festival Nicéphore à Clermont-Ferrand en 2007.

 

 


Dix octobre, 21h00…

D’abord, plonger dans les photographies d’Alix, la toucher du bout des doigts, chercher son regard entre l’ombre et la lumière… A la frontière.

Quelques minutes encore, puis on entre…

Elle est déjà là, déjà un peu nue, déjà un peu malade… Elle attend le silence.

Soudain ça commence...

Une rencontre, un peu particulière, avec elle, celle que l’on est venu chercher ce soir… Alix Cléo Roubaud.

Des mots, quelques échos du journal d’Alix dans la voix de Béatrice Chatron, remarquable dans son rôle, dans l’incarnation…

Des images aussi, comme une évidence… L’univers d’Alix où elle-même se raconte – ses silences, ses cris, ses rêves lourds et embués, vapeurs d’alcool et de larmes… la douleur surtout, profonde, dans le ventre et dans la tête… - mot à mot, photo après photo, et pas à pas jusqu’au vide qui béer… Une étrange mise en lumière.

Et puis, une présence, un homme au milieu de son vide, de sa désespérance… C'est Jacques Roubaud, l'aimé, figuré sur scène par Alain Claudinon : dans l’ombre, comme un point de repère… La solitude démentie.

La Chambre (Noire), spectacle créé en résidence au Petit Vélo, adapté et mis en scène par Julie Binot, est bien plus qu’un monologue… C’est une immersion, un aveu outre-tombe qui pénètre les vivants... Un poème en mots, en images, où s’embrassent et s’entrechoquent des variations de silence et de musique… Un poème murmuré, crié, tantôt chanté et tantôt vomi par Alix dans cette chambre – noire, blanche, éclaboussée de rouge-vérité – au spectateur, qui sort de la salle du Petit Vélo un peu comme d’un livre de Marguerite Duras, tout plein de douleur et de beauté, du trop-plein de vide d’un cœur mis à nu, et qui lui explose entre les doigts…



2007.

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