"La Douleur" de Marguerite Duras, comme une plaie dans le soir...

Publié le par Coralie Berhault

"La Douleur" de Marguerite Duras,

comme une plaie dans le soir...

 


Le 25 mars 2009, j'ai pu assiter, à la Comédie de Clermont-Ferrand, à La Douleur de Marguerite Duras... une belle immersion dans le coeur de l'Homme... Marguerite Duras a vécu la Seconde Guerre Mondiale comme épouse de Robert Antelme (Robert L. dans le texte), comme résistante, mais aussi comme écrivain. En effet, La Douleur est un livre qui réunit des récits et des extraits du journal que Marguerite Duras tenait pendant cette période. Il s'agit donc d'une oeuvre autobiographique, d'une confidence lucide, où elle écrit l'absence et l'attente de son mari déporté dans un camp de concentration, le désespoir et la peur qui l'écrasent malgré le bonheur de la Libération en avril 1945. Puis l'impensable, le dégoût, l'horreur et le miracle, le retour de Robert L., qui n'est plus que l'ombre de lui-même, et le malheur et la souffrance infligés à tant d'hommes par tant d'autres hommes, qui dépassent l'entendement humain.

La Douleur

est une pièce de théâtre mise en scène par Patrice Chéreau et par le chorégraphe Thierry Thieû Niang, et c'est Dominique Blanc, actrice de talent et d'expérience, que l'on a pu voir dans des films tels que La Reine Margot de Patrice Chéreau ou Rimbaud Verlaine (Total Eclipse) de Agnieszka Holland, qui porte la totalité du texte. Seule sur scène, Dominique Blanc parvient à occuper tout l'espace et à happer le spectateur, à l'immerger dans son océan de mots, si intenses et poignants. La solitude pèse, mais le public est muet, ému... On retrouve là des thèmes chers à Marguerite Duras, comme l'absence, l'attente, et qui font de son oeuvre, presque douloureuse, une blessure. Ainsi, le spectateur peut non seulement s'identifier au personnage, reconnaître des émotions profondes, mais il est également amené à réfléchir à l'Histoire, à la Shoah et à la guerre. Marguerite Duras, par la bouche de Dominique Blanc, invite le spectateur à tenter de concevoir cette inhumanité et cette souffrance, et nous exhorte à ne pas oublier cette "douleur". Des cicatrices, quand on les caresse du bout des doigts, pense-bêtes et poèmes...

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